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L’histoire de COCO de Kofi, la naissance de la SMPDD
« Il y a une vie après la prison »

En 2008, alors que le groupe de musique, composé de treize (13) personnes fleurissait, les membres reçoivent une invitation pour prester à un mariage en Allemagne. Le groupe dont il est question ici, c’est bien le ballet « Jeunes Espoirs » dont Coco de Kofi WOENAGNON était le président. Afin de leur permettre de se préparer au mieux pour le voyage, des moyens financiers furent mis à leur disposition par le client en Allemagne. Toutefois, compte tenu du jeune âge des membres du groupe, et surtout en raison de leur inexpérience dans ce genre de situation, la décision fut prise de confier l’ensemble des préparatifs, notamment les formalités administratives (passeports et visas) à leur manager.

Quelques semaines plus tard, le fameux manager présentera des visas (qui se révèleront plus tard être des faux, comme vous aurez l’occasion de le constater), avec pour recommandation de se rendre à Accra pour prendre leur vol en direction de l’Allemagne. Chose que naturellement, le groupe refuse de faire, ne comprenant pas pourquoi tous devaient aller jusqu’à Accra pour prendre leur envol pour l’Europe, alors qu’ils avaient la possibilité de le faire depuis Lomé.

Le 21 août 2008 donc, les 13 compagnons se rendent à l’aéroport international GNASSINGBE EYADEMA avec leurs billets en mains pour se rendre en Allemagne. Contre toute attente, ils se voient arrêtés par des policiers pour détention de faux visas. De l’aéroport, le groupe de treize personnes est conduit à la brigade de l’aéroport où ils passèrent sept (7) jours en grade-à-vue.

Lors de l’interrogatoire dans les locaux de la brigade, un officier de police étant sur l’enquête, leur demande l’identité de la personne qui leur avait fourni des faux visas. Ce monsieur, comme par hasard s’est évaporé de la nature et porté disparu malgré toutes les recherches entreprises pour le retrouver.

Le 28 août 2008, aux alentours de 16 heures, le groupe est déféré devant le parquet d’instance. Interrogé sur les circonstances de l’affaire, Coco de Kofi relate les faits et les justifie par sa naïveté et son ignorance des procédures légales pour obtenir les visas dont ses amis et lui avaient besoin pour leur voyage. En tant que Président du groupe, COCO, alors âgé de 18 ans, dû se résoudre à endosser seul le poids de la poursuite judiciaire, en permettant ainsi la libération de ses compagnons gardés à vue. C’est ainsi que dans la soirée du même jour, il fut déféré à la prison civile de Lomé. C’est le début du calvaire pour le jeune musicien qu’il était.

Après trois mois de détention préventive sans être reçu ni entendu par un magistrat, Coco est finalement convoqué par le juge d’instruction du troisième cabinet qui l’interroge sur les faits qui lui sont reprochés. A la fin de l’interrogatoire, le magistrat promet revenir courant la semaine suivante avec des informations concernant l’évolution du dossier.

Malheureusement, il n’en a jamais été ainsi, du moins comme l’espérait le jeune Coco qui a attendu en vain le retour de ce juge. D’année en année, de juge en juge, (parce qu’au niveau du service de la justice, entre temps des affectations de magistrats se sont succédées) Coco est amené à passer plus de 36 mois en détention sans pouvoir voir sa situation traitée et réglée.

Entre temps, au niveau de la prison il s’est porté porte-parole des détenus. Au quarantième mois de sa détention, il décide d’adresser une note d’audience au juge, note qui malheureusement classée sans suite. N’ayant pas perdu l’espoir de comparaitre un jour devant le Juge, COCO de Kofi continua à être la voix des sans-voix en prison.

En 2011, une journée d’activité dénommée « semaine des détenus » dont il est l’initiateur et l’organisateur, et laquelle participent les premières autorités du ministère en charge de la justice, donne l’opportunité à Coco de Kofi de s’entretenir avec le Ministre de la Justice et de lui confier son problème. Mis au fait de la situation et ayant compris l’injustice qui avait probablement été commise, le Ministre demande au Procureur général de prendre note et de faire une instruction sur ce dossier. Le lendemain, COCO reçoit une visite de la part du Procureur qui lui avoue la faute du service de la justice qui avait perdu son dossier. Il l’annonce par la même occasion sa libération immédiate.

Il fut ainsi, libéré suite à la fiche de libération émise par le Procureur, le 28 novembre 2011. Il fut appelé par la suite au Cabinet du ministre de la Justice qui lui présente ses excuses et l’intérroge sur ses ambitions futures. COCO s’étant trouvé une nouvelle voie en prison veut néanmoins continuer sa musique mais concomitamment en apportant une aide à son échelle aux personnes privées de liberté, notamment en promouvant leurs droits à travers la musique. C’est ainsi, qu’il entre en studio en décembre 2011 pour faire une première chanson intitulée « souvenez-vous des prisonniers » Après 42 mois de détention, soit 1277 jours, ou encore pour être plus précis 30648 heures, Coco a largement eu le temps de connaitre la réalité des prisons et les difficultés auxquelles sont confrontées les détenus. C’est pourquoi il décide de faire de l’amélioration des conditions de détention au Togo, son cheval de bataille. C’est dans cette lancée qu’en décembre 2011, il organise une tournée de spectacle intitulée « il y a une vie après la prison » dans les 13 prisons du Togo accompagnée d’une distribution de nourriture. Le but de cette tournée était d’encourager ses amis les détenus. Il a aussi profité de cette occasion pour faire une liste des prisonniers (à peu près 817 personnes) en détention préventive pour en faire part au juge et au ministre. Plus d’une soixantaine de ces détenus seront libérés grâce à ces actions de Coco de Kofi.

Entre temps, il décide de faire une chanson de cri d’espoir pour les détenus dont le clip fut réalisé dans les locaux de la prison civile de Lomé. La chanson s’étant rapidement popularisée, la décision d’organiser un grand concert de solidarité envers les détenus est vite fait d’être prise. Pour y parvenir il se résout à solliciter une aide technique et financière auprès des ambassades, des ministères, des associations et des ONG internationales dont Y Care International, Amnesty international et YMCA.

Pour la première édition du concert « DE SOLIDARITE AU PROFIT DES DETENUS » la grande salle du palais des congrès de Lomé fut le lieu choisi. Une première expérience qui d’une manière inespérée s’est agréablement déroulée avec un impact au-delà des attentes. Chose importante à préciser, cette première édition a connu la participation active d’une vingtaine de détenus de la prison civile de Lomé.

Avec les fonds récoltés grâce au concert, 8.345.750 millions FCFA ont servi à renforcer les infirmeries des treize prisons civiles du Togo, en leur dotant de produits pharmaceutiques. 1 million (1. 000. 000) FCFA ont également été mis à la disposition du CHU Sylvanus Olympio pour que les détenus qui y sont évacués soient dispensés des frais de consultations.

En 2012, voulant continuer dans le même sens, il a décidé d’organiser la seconde édition de son concert de solidarité au profit des personnes privées de liberté. Il s’est donc adressé une seconde fois à ses premiers partenaires notamment l’ambassade de France qui lors de la première édition, avait contribué à la location de la salle et de la sonorisation. Cependant, ces partenaires lui opposent cette fois une réserve, avançant leur volonté d’accompagner non plus la personne de Coco de Kofi, mais plutôt une personne morale (ONG, Association, Fondation, etc) afin de rendre plus formel leur partenariat.

C’est alors que l’idée de la SMPDD a germé et les entreprises en vue de sa création ont débuté. Ainsi en 2013, pour étendre l’impact de ses actions, Coco de Kofi créé l’association « Solidarité Mondiale pour les Personnes Démunies et les Détenus ».

A ses débuts l’association limitait ses activités à l’organisation des concerts de solidarité, mais au fil du temps elle a diversifié ses domaines d’actions en initiant plusieurs projets. C’est ainsi que successivement, des programmes tels que « Écoute et assistance juridiques », « sensibilisation et éducation aux droits de l’homme », « aide à la réinsertion des détenus », « observateurs des prisons » ont vu le jour et contribuent à améliorer sensiblement les conditions de détention au Togo.

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